Prise de position du Réseau Santé Valais suite à la conférence de presse du 24 mars 2010 de Me Sierro
Sion, le 24 mars 2010 – Nous sommes très étonnés de l’initiative et des déclarations de ce jour de Me Serge Sierro, ancien conseiller d’Etat, concernant le Réseau Santé Valais. Tout en nous interrogeant sur les motivations réelles de Me Sierro, nous constatons que, jusqu’à ce jour, il n’a à aucun moment contacté les instances responsables du RSV, pas plus les membres du Conseil d’administration que les membres de la Direction générale. Ne serions-nous d’ailleurs pas en droit d’attendre d’un ancien magistrat qu’il s’informe directement auprès des instances qu’il critique de manière véhémente avant de désécuriser, voire d’alarmer, les patients valaisans ?
Nous rejetons totalement la forme et le contenu de l’initiative de Me Sierro et consorts et nous élevons en faux contre ses affirmations. Mise à part une agitation médiatique, dommageable aussi bien pour les patients valaisans que pour les professionnels de la santé, Me Sierro ne rehausse malheureusement ni le débat, ni n’apporte de solutions crédibles aux immenses défis auxquels le RSV doit effectivement faire face !
Nous rappelons que le RSV est une des entreprises les plus importantes du canton, comptant près de 4600 collaboratrices et collaborateurs, avec un budget d’un demi-milliard de francs. Diriger et gérer une telle institution implique des structures conséquentes et une organisation adaptée. Celles-ci ont d’ailleurs été décidées par le Gouvernement et par le Parlement du canton du Valais. Une telle organisation se retrouve dans l’ensemble des structures hospitalières de taille similaire en Suisse.
Ces changements profonds, passage de sites relativement autonomes à une organisation plus centralisée, restent difficiles à accepter pour certains. Cette nouvelle organisation plus hiérarchisée permet au corps médical de participer pleinement à la gestion de l’institution à travers les réunions des départements et des services médicaux. Prôner un retour en arrière avec un Collège des médecins d’environ 120 personnes, comme semble le suggérer Me Sierro, est non seulement contraire au bon sens mais va à l’encontre de toutes possibilités de faire face aux importants défis qui nous attendent, particulièrement en vue des changements qui interviendront en 2012.
Conventions avec les centres universitaires
Les conventions entre le Valais et les Centres universitaires sont capitales pour assurer une médecine performante, le développement d’une médecine de pointe, pour la formation et le recrutement des futurs médecins cadres. Ces conventions existent avec les HUG (12 conventions), le CHUV (10 conventions) ainsi que l’Inselspital de Berne.
Organisation de la chirurgie et utilisation du bloc opératoire
La chirurgie du CHCVs est organisée sous forme de département, dirigé par le Prof. Bettschart, comprenant sept services.
Les « urgences vitales » ainsi que les activités relevant du secteur « mères-enfants » et « soins intensifs » sont centralisées pour des raisons de qualité, de sécurité et d’efficience sur le site de Sion. Ces activités nécessitent un bloc opératoire opérationnel 24h/24h. Les blocs opératoires de Sierre et de Martigny sont dédiés aux interventions chirurgicales électives. A Sierre : chirurgie générale, urologie, chirurgie plastique. A Martigny : l’orthopédie. L’ensemble des blocs opératoires sont occupés de manière optimale ceci étant conforme à la planification hospitalière décidée par le Gouvernement.
Départs du RSV des médecins cadres
Il est d’abord important de relever que, depuis la création du RSV, nous avons passablement élargi l’éventail de nos prestations médicales et chirurgicales dans les domaines de l’ORL, de l’urologie, de la chirurgie plastique, de la chirurgie vasculaire, de la chirurgie viscérale, de la neurochirurgie, de la chirurgie pédiatrique, de l’oncologie, des soins palliatifs, … .
Il n’est pas correct de dire que nous engageons de préférence des médecins ne provenant pas du Valais. L’affirmer est contraire à la vérité ! Depuis 2004, 6 médecins cadres (sur 120 médecins) quittent en moyenne le CHCVs par année, soit au total 36 médecins cadres (dont 8 ophtalmologues et 7 départs à la retraite). Hormis les ophtalmologues, tous les départs ont été remplacés par des médecins cadres dont l’engagement permet d’apporter des compétences supplémentaires à la population valaisanne.
Pour le surplus, il est important de souligner que chaque nomination suit un processus de sélection complet et exigeant impliquant une Commission médicale interne ad hoc de sélection, la Direction générale ainsi que le Conseil d’administration.
Le RSV filiale du CHUV ?
Ici aussi, la réalité est autre que celle présentée par Me Sierro. Au sein du CHCVs, sur 10 chefs de départements, 5 chefs proviennent du CHUV et 5 des HUG. Sur ces dix chefs de département, six sont valaisans.
Loi du silence au sein du RSV ?
Accuser le RSV d’instaurer une chape de plomb à l’égard du personnel est absurde. Jamais à ce jour, un employé n’a eu à subir une sanction quelconque pour une prise de position auprès de sa hiérarchie, de sa direction ou auprès de syndicats
Par contre, nous demandons à chacun, à l’instar de toutes les autres entreprises, de respecter des règles pour la communication vers l’extérieur. Nous avons beaucoup de peine à croire que Me Sierro n’est pas conscient de ce type de problématique.
Soutien au Médecin Cantonal et au Service de la Santé
Le RSV salue l’engagement sans réserve et la vision progressiste du Dr Georges Dupuis, médecin cantonal et chef du Service de la santé, qui permet au canton du Valais de disposer, aujourd’hui, d’une organisation sanitaire et hospitalière à même de relever les défis de demain.
Soutien au Professeur Vincent Bettschart
En 2005, le RSV a eu la chance de pouvoir engager le Professeur Vincent Bettschart. Il a contribué de manière déterminante au développement de la chirurgie du Centre Hospitalier du Centre du Valais. Nous relevons ses compétences et le soutenons sans réserve dans cette période particulièrement difficile d’attaques personnelles injustifiées.
En conclusion
Le RSV regrette que les patients valaisans soient inutilement alarmés alors qu’ils sont affectés dans leur santé et qu’ils luttent courageusement et dignement contre leur maladie.
Nous regrettons également la pression qui s’exerce aujourd’hui sur nos soignants qui s’engagent quotidiennement pour aider nos malades. Toutes ces personnes sont en droit d’être en confiance dans l’Hôpital du Valais.
Sachant que toute chose est perfectible, le RSV rejette les affirmations et critiques, fortement orientées, avancées lors de la conférence donnée par Me Sierro ce 24 mars 2010.